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"Le chien de race et les autres"

Le chien,  animal si familier qu'on le remarque à peine, tant il fait partie intégrante de notre environnement. 
Du plus profond des âges, il est là, aux cotés de l'homme, dans sa vie familière, comme dans ses occupations.
Les premiers fossiles découverts tendent à montrer que la domestication du chien correspond au moment où l'homme primitif du pléistocène est passé d'un mode de vie nomade à un mode de vie sédentaire. 
A cette époque, nos ancêtres avaient déjà le sens de la communauté, de la division du travail et du partage de la nourriture et des responsabilités. Cette capacité serait la clé de l'origine de la domestication.
Il est en effet probable que les communautés humaines auraient porté secours à n'importe quel animal se trouvant à proximité. Ainsi, toutes sortes d'animaux et plusieurs espèces de canidés auront pu être apprivoisées. 
En Amérique du Nord, les canidés auraient été des loups ou des coyotes, en Amérique du Sud, des renards en Europe, des loups en Asie, des chacals en Afrique.
Noir, noir et feu, roux, blanc, brun, tacheté, la palette de ses couleurs est infinie. 
A poils longs, courts ou ras, adaptés aux climats, des museaux pointus ou ramassés avec des oreilles dressées ou battantes, sont apparues au gré des mélanges de gènes entre canidés et des spécialités aux quelles leurs différents maître les avaient éduqués, seuls les mâchoires surpuissantes garnies de crocs acérés, rappellent qu'ils font partie de la grande famille des mammifères canidés carnassiers.
En 1945, des scientifiques paléontologues ont distingué des chiens parmi les peintures et dessins rupestres couvrant les parois des grottes préhistoriques, comme celles de Lascaux en France. Des scènes de chasse, parmi les rennes buffles, mammouths et autres gibiers de l'époque, participant activement à la curée, au côté du chasseur il y a 15.000 ans avant notre ère.
Cet espèce d'animal devait s'apparenter au loup aux dimensions suffisamment imposantes pour s'attaquer résolument aux grosses proies qui ne devaient pas manquer, elles aussi, de terribles défenses.
Au cours des siècles, de croisements en croisements, de régions glacières en territoires tropicaux du globe, d'importantes mutations génétiques se sont opérées, c'est ainsi que beaucoup de variétés de chiens ont du sang de loup dans leurs veines.
Lorsqu'on compare les 38 espèces de canidés entre elles sur le plan morphologique, il apparaît clairement que ce sont les loups, les chacals et les coyotes qui sont les plus proches parents du chien. 
Des comparaisons ont été effectuées sur un grand nombre de caractéristiques comme le volume du cerveau, la forme du crâne ou encore la dentition, pour définir quel est le pourcentage de similitude entre le chien et ces autres espèces. 
Ce sont sur ces critères, plus ou moins aléatoires, que se basent les éleveurs d'aujourd'hui pour préserver, autant se faire que peu, la pureté d'une race canine parmis les autres.
Une des difficultés majeures dans la compréhension du comportement du chien provient du mode de vie de celui-ci. 
Nos "toutous" sont tellement intégrés à nos foyers qu'on a tendance à les considérer comme des êtres humains, un peu différents cependant puisqu'ils marchent à quatre pattes et ne parlent pas.
Hormis les différences physiques et comportementales comme le flairage de substances malodorantes ou franchement dégoûtantes, nous interprétons leurs faits et gestes comme s'ils pensaient et communiquaient de la même manière que nous. 
Or, replacés dans leurs contextes originels, la plupart des comportements de nos amis canins prennent un sens bien différent. 
La détermination de l'origine du chien nous permet ainsi d'étudier le mode de vie de l'ancêtre de nos compagnons et d'observer comment celui-ci communique avec ses congénères, établit des règles de cohabitation et organise son mode de vie à l'état sauvage.